Investissement à impact social, la Fondation Caritas France en éclaireur

Investissement à impact social, la Fondation Caritas France en éclaireur

Depuis 2015, la Fondation Caritas France a mis en place une politique d’investissement à impact social. Cette démarche, qui vise à investir les réserves financières de la fondation dans des projets à impact social, a reçu un éclairage nouveau avec le rapport co-signé par le Centre Français des Fonds et Fondations et l’Impact Investing Lab. Focus sur la finance au service du bien commun.

L’investissement, un outil au service de l’impact 

Si les fondations ont avant tout vocation à distribuer les dons et libéralités qu’elles reçoivent, elles font aujourd’hui face à des demandes différentes de la part des acteurs de l’intérêt général. En effet, les structures de l’ESS (associations, entreprises sociales…), parfois portées par des modèles lucratifs, évoluent et doivent, pour se développer, trouver des investisseurs. Grâce à leur capacité d’investissement, les fondations peuvent ainsi amener un regard bienveillant sur ces structures en partenaires patients, qui comprennent et valorisent la mission sociale, devant la capacité à générer un profit.

La Fondation Caritas, un pionnier français ?

A cette question que pose le rapport, Jean-Marie Destrée, interrogé pour l’occasion, offre plusieurs réponses :

« J’ai été frappé par la muraille de Chine dressée par les fondations entre la gestion des investissements et les personnes qui gèrent les projets. Nous avons eu très tôt cette ambition de cohérence entre investissements et mission. »

Au-delà des besoins des acteurs, c’est donc également un positionnement philosophique et de valeurs qui commande à la démarche de la Fondation Caritas France. Elle va alors engager un travail de structuration : choix clair des domaines d’intervention (microcrédit, logement très social, insertion professionnelle), création d’un outil de gouvernance dédié et conception d’une politique d’investissement en vue de l’impact social. Cette dernière se veut d’ailleurs ambitieuse en soutenant des modèles potentiellement perçus comme risqués (microfinance en Afghanistan…)

« Nous ne sommes pas là pour thésauriser, notre mission est de soutenir des projets de lutte contre la pauvreté. »

Défricher, pour apprendre et ouvrir aux autres

Au-delà de faire par elle-même, la Fondation veut aussi entrainer d’autres acteurs. Cela passe par plusieurs actions :

  • Être un investisseur « caution », reconnu, permettant d’aller plus facilement trouver d’autres financeurs ;
  • Être un éclaireur, avec tout l’investissement en temps que cela suppose, pour permettre de normer certains outils et les rendre plus simples à utiliser (comme le contrat à impact social) ;
  • Faire évoluer ses propres pratiques philanthropiques, en n’hésitant pas à apporter un soutien plus technique, par exemple en renforçant par un don les fonds propres d’une association. Ce changement d’approche a permis à Voisin Malin de pouvoir emprunter 200 000€ avec un apport en fonds propres bien moindre.

Poisson pilote assumé, la Fondation Caritas France travaille notamment sur l’impact investing avec la fondation Valoris, abritée sous son égide.

 

Faire rimer mission et efficacité

La démarche d’investissement à impact social de la Fondation Caritas France répond donc à deux dynamiques : les besoins nouveaux des acteurs du bien commun d’une part ; une nécessaire cohérence entre action et valeurs. Loin d’être idéaliste, ce positionnement est de plus en plus partagé. Ainsi, la fondation Rockefeller a, depuis 2014, mis fin à tous ses investissements dans les énergies fossiles, un paradoxe quand on sait que la fortune de cette famille s’est bâtie sur…les hydrocarbures.

Si la Fondation Caritas France est donc en pointe sur ces sujets, le secteur des fonds et fondations reste à convaincre dans son entièreté, pour valider un rôle d’acteur économique au service du bien commun.

 

Retrouvez l’étude complète ici : https://iilab.fr/wp-content/uploads/2019/01/Etude-Role-Fondations-Fonds.pdf 

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