Cercle Caritas – Nathalie Sarthou-Lajus partage son désir de transmission

Cercle Caritas – Nathalie Sarthou-Lajus partage son désir de transmission

Depuis sa création, la Fondation Caritas France (FCF) accompagne les créateurs de fondations abritées dans leur parcours de philanthrope. Parmi les motivations de celles et ceux qui créent leur fondation sous l’égide de la FCF, la transmission des valeurs est centrale. Pour nourrir la réflexion, le Cercle Caritas recevait le 15 novembre Nathalie Sarthou-Lajus.

Le désir de transmettre

Docteure en philosophie morale, Nathalie Sarthou-Lajus a pris comme point de départ un événement simple : le moment où a elle été sollicitée par la maison d’édition Bayard pour diriger sa collection « J’y crois ». Elle nous a ainsi parlé du désir profond de transmettre qui habite chacun et de la notion de « dette » qui nous relie tous. Ce changement de focale, de l’individuel au sociétal, n’annule pas le risque : en effet, la transmission est un processus incertain et faillible.

Où ? Comment ? Par qui ?

Pour structurer sa démarche, Nathalie Sarthou-Lajus illustre sa démarche autour de ces trois questions simples :

  • Où ? Le lieu de l’échange n’est en effet pas anodin. Si les institutions traditionnelles de la transmission (école, église, famillle…) sont aujourd’hui en crise, on observe que d’autres espaces viennent accomplir cette tâche. La voiture qui favorise les échanges parents-enfants, les pauses entre deux cours pour le professeur… Chacun d’entre nous peut retrouver en mémoire un espace, un palier où l’échange a eu lieu. Au cours de l’échange avec la salle, il apparaît que la fondation familiale peut, pour certains, tenir ce rôle de seuil, de lieu d’échange.
  • Comment ? Alors que celui qui reçoit a besoin de prendre sa liberté, la transmission est trop souvent liée à une vision patrimoniale qui s’appuie sur la reproduction à l’identique. Originaire du Sud-Ouest, Nathalie Sarthou-Lajus utilise l’image du rugby où la passe oblige à transmettre vers l’arrière pour avancer. Cela implique que chacun doit se situer à sa juste place, sans « s’écraser », ni abandonner. Pour autant, l’héritier reçoit de manière dynamique en acceptant une part de contrainte : les transmissions impliquent des pertes mais sont également source de création et de renouveau.
  • Par qui ? Pour recevoir une passe, il faut que quelqu’un lance la balle. Cet agent de transmission, ce passeur est une figure dynamique, un révélateur discret de vocation. A la différence du maître ou du professeur, il ne délivre pas verticalement un savoir mais permet de mieux voir, de prendre conscience de quelque chose de préexistant. Toutes les cultures ont des gestes de transmission très simples qui passent par raconter des histoires ou faire la cuisine, autant d’œuvres éphémères qui sont chaque jour à répéter. La Fondation Caritas joue ce rôle de « passeur» en aidant les familles à construire leurs projets philanthropiques.

Les échanges avec la salle ont permis d’interpréter la fondation familiale comme étant un véritable « outil » de transmission : elle joue un rôle de « seuil ». Ce seuil en proximité de la famille permet à chacun de s’impliquer, de façon distincte, à son rythme mais autour de mêmes valeurs partagées. La Fondation Caritas joue quant à elle un rôle de « passeur » en aidant les familles à construire leurs projets philanthropiques. Les échanges se sont poursuivis autour du verre de l’amitié.

Un grand merci à notre invitée Nathalie Sarthou-Lajus !!

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