Olivier Peyroux

Délinquants et victimes

Une enquête qui renverse les idées reçues sur les mineurs venus d’Europe de l’Est

Le Prix 2013 de la Fondation de recherche Caritas a récompensé le sociologue Olivier Peyroux pour son étude sur les mineurs venus d’Europe de l’Est : « Délinquants et victimes« . Fruit d’une longue enquête en France et dans divers pays d’origine de ces migrants (Roumanie, Bulgarie, pays de l’Ex-Yougoslavie, Albanie, Ukraine), son ouvrage s’attaque à la perception lointaine de ces mineurs. Catalogués « roms », « voleurs », « mendiants »… il semblent tous venir du même endroit et appartenir à la même culture. Pourtant, ils sont tous différents. Et loin d’être tous Roms.

Alors qui sont-ils vraiment ? D’où viennent-ils ? A qui profitent leurs méfaits ? Olivier Peyroux, dont un grand-père était Roumain, a pu entrer dans l’intimité de ces communautés pour brosser un portrait nuancé de ces familles, de ces clans, venues de la partie pauvre de l’Europe à la rencontre de la riche Europe de l’Ouest. Elles sont souvent poussés l’idée de prestige, moteur qui pousse à partir à l’étranger pour y gagner de l’argent et revenir au pays construire sa maison, symbole ultime de réussite sociale. Pour faire rapidement fortune, et accéder au prestige, certaines familles utilisent ainsi leurs enfants, les envoyant mendier, voler, alimenter les réseaux de prostitution…

Souvent, elles s’endettent auprès de mafieux pour payer le voyage de sa progéniture. Dans tous les cas, les enfants sont associés à la machine mafieuse. Il est alors très difficile d’obtenir un repentir et la collaboration de ces « délinquants » qui ne se considèrent pas exploités mais liés à leurs exploiteurs par des liens solides. A ces mineurs qui ne sont souvent jugés qu’au travers de leurs méfaits, Olivier Peyroux, expert auprès des tribunaux et de la PJJ sur ces questions, rend un statut de victimes de traite humaine. Et il propose des pistes pour leur offrir une protection adaptée.