Louis-Marie Pasquier

Louis-Marie Pasquier

Où commence votre parcours de donateur ?

En 1974, nous avons créé une entreprise avec mes frères. Au départ, les bénéfices étaient essentiellement consacrés au développement de l’entreprise. Mais je voyais que nous constituions un patrimoine important qui a peu à peu amené la question de l’argent. Du rapport à l’argent. Nous avons donc commencé à partager, assez méthodiquement. Mais j’avais beau être très attentif aux associations que nous soutenions, je gardais le sentiment que c’était un peu “facile” de faire un chèque, de le mettre dans une enveloppe, et de ne plus rien faire pendant un an.

 

Vous avez donc cherché à donner « au-delà du chèque » ?

Oui. Mais les solutions envisagées m’inspiraient une grande solitude. J’avais l’impression qu’il manquait quelque chose pour les donateurs qui partageaient mon ressenti. Je m’en suis ouvert à Jean-Marie Destrée, qui travaillait alors au développement des ressources du Secours Catholique. Lorsque la Fondation Caritas France a été créée, et il m’a recontacté en disant : « c’est fait, notre Fondation abritante existe ! ». Fin 2012, nous avons donc créé notre fondation familiale sous égide de la Fondation Caritas France. Nous avons choisi de faire une donation temporaire d’usufruit des revenus du portefeuille de mes actions de l’entreprise.

Après un an, quel premier bilan de cette fondation ?

La créer m’a en quelque sorte apaisé. Évidemment, la question du partage ne m’empêchait pas de dormir, mais je ne l’oubliais pas. Il y a tellement de misère et de souffrance. Je me demandais : que puis-je faire de plus ? En m’abritant sous l’égide de la Fondation Caritas France, j’ai trouvé ce qui me manquait : un soutien pour la gestion patrimoniale, un œil capable de prendre du recul, un véritable engagement contre la pauvreté.