Claude Castellano

Claude Castellano

À la tête de sa société de promotion de centres commerciaux, Claude Castellano a rejoint les rangs des fondateurs abrités fin 2012. En accord avec son parcours entrepreneurial, sa fondation soutient notamment des micro-entreprises en Inde.

 

Pourquoi avoir créé une fondation abritée ?

Au-delà de la solidarité occasionnelle, cela faisait longtemps que j’avais envie d’agir à plus long terme, de manière plus personnalisée. Ne pas être un donateur mais devenir un “don-acteur”. Mais j’étais accaparé par ma vie professionnelle, les projets que j’avais en vue – notamment en Inde, un pays dont je suis très proche – n’aboutissaient pas forcément. Et puis, il y a un an et demi, j’ai croisé la route de Credit@People (C@P), un fonds de microdéveloppement qui aide des femmes et des enfants en Inde. Ce qu’ils font est exactement ce que je voulais faire. Je me suis dit : “c’est maintenant” ! Parce que je souhaitais inscrire mon action dans la pérennité, je pensais créer ma propre fondation. Puis j’ai rencontré la Fondation Caritas France et j’ai choisi de m’y abriter.

 

L’idée de pérennité se reflète dans la gouvernance de la fondation…

J’ai avant tout discuté de la fondation avec mon épouse mais j’ai voulu partager ce projet avec mes enfants et petits-enfants. Ils ont été emballés ! Mes deux fils et mon petit-fils aîné font partie du Conseil de la fondation. Cela m’a fait très plaisir de les impliquer et d’envisager son action à long terme avec eux. Mes petits-enfants sont fiers de leur grand-père, et je suis heureux de pouvoir leur montrer que l’argent sert à autre chose qu’à consommer à outrance.

 

Qu’allez-vous faire des fonds mis dans la fondation ?

Nous allons nous concentrer sur l’éducation des enfants et sur le financement de micro-entreprises pour les femmes. Le premier projet sera soutenu en Inde : une coopérative laitière dont le but est de permettre à une quinzaine de femmes d’acquérir leur autonomie financière. Nous finançons l’achat des vaches et l’accompagnement du groupe sur 15 à 18 mois. L’an prochain, le projet que nous aiderons est un pensionnat qui accueille des enfants dont les parents ont dû partir dans les villes pour trouver du travail sans pouvoir les emmener. Ces deux projets sont en Inde, mais nous n’excluons pas de soutenir aussi des projets en Afrique ou même en France.

 

Vous êtes un investisseur solidaire autant qu’un philanthrope ?

Je me retrouve dans cette idée… J’aime cette notion de soutien à des micro-entreprises. Nous allons suivre la comptabilité, assurer les vaches sur la vie, former les femmes, les aider à négocier. Je délègue beaucoup aux associations intermédiaires, mais je participe à 100 % pour les moments les plus importants. Je vais bientôt aller en Inde pour rencontrer personnellement ces quinze femmes, évaluer moi-même le risque que l’une d’entre elles ne soit pas totalement dans le projet. À terme, la coopérative leur assurera un revenu durable, les vaches feront des veaux… et là leur avenir s’éclairera ! C’est mieux qu’un chèque, non ?