Christophe et Inès Pélissié du Rausas

Christophe et Inès Pélissié du Rausas

En mémoire de ses parents “partis trop jeunes”, Christophe Pélissié du Rausas a créé, avec son épouse Inès, une fondation destinée à donner une éducation “générale, professionnelle, humaine et chrétienne” à des jeunes défavorisés. Une étape majeure sur un chemin familial.

 

Comment est née cette fondation ?

Christophe Pélissié du Rausas. Cette fondation c’est une façon de faire perdurer la mémoire de mes parents partis trop jeunes. Et le fruit d’une histoire où tout se recoupe. Nous avons toujours été sensibles à l’insertion des jeunes de milieux très défavorisés. Mon père m’a beaucoup encouragé lorsque, étudiant, j’ai monté une association avec des amis pour aider les enfants des rues en Colombie. Ma mère était impliquée auprès du Secours Catholique. Mon frère et moi avions déjà créé en 1999 une association qui portait déjà le nom de nos parents.

Pourquoi avoir fait évoluer cette association en fondation abritée ?

Christophe Pélissié du Rausas. C’était une structure un peu “artisanale”, fragile et d’une certaine manière isoléee. La fondation abritée nous permet de lui donner plus de pérennité et d’ampleur, et de bénéficier des avantages liés à la reconnaissance d’utilité publique. Ce désir s’est confirmé quand nous avons rencontré Caritas. Nous avons été convaincus par l’idée de “réseau de fondateurs”, par les échanges avec l’équipe et avec les autres fondations familiales. Être abrité permet de sortir de la solitude, d’ouvrir ses horizons. Cela offre aussi un “label” rassurant pour ceux qui voudraient donner. Enfin, nous voulions nous inscrire dans un cadre chrétien. Former un jeune sans structurer son cœur, hors d’un cadre humain et spirituel, c’est un peu verser de l’eau dans le sable.

Comment vos enfants envisagent-ils cette fondation ?

Inès Pélissié du Rausas. Cela a été un moment heureux de leur annoncer notre décision ! Pour eux, cette fondation est un peu évidente. Nous avons de la chance : ils ont la foi et comprennent la démarche de préoccupation du prochain. Cette fondation, c’est une continuation, une incarnation de nos valeurs, pas une révolution. C’est aussi une manière de leur parler des grands-parents qu’ils n’ont pas connus, de les inscrire dans une continuité qui n’a pu se faire naturellement. C’est enfin une façon de leur transmettre une cer­taine conception de l’argent.

Seront-ils engagés dans la fondation ?

Inès Pélissié du Rausas. Nous leur avons dit : “nous comptons sur vous pour vous impliquer, maintenant mais surtout plus tard”. Cela a été un petit choc pour eux, car c’était une façon indirecte d’évoquer le moment où nous ne serions plus là… La Fondation étant toute récente, nous n’avons pas encore formalisé la façon précise dont ils seront impliqués. Cela dépendra aussi de l’intérêt qu’ils manifestent, mais nos deux aînées, majeures, pourraient déjà entrer au Comité de Fondation. Pourquoi ne pas, aussi, aider l’association de soutien scolaire auprès des jeunes des cités dans laquelle une de nos filles est bénévole ?