Giving Tuesday – F.Dufourcq : « Donner, une chance et une joie »

Giving Tuesday – F.Dufourcq : « Donner, une chance et une joie »

François Dufourcq, vous êtes président de la Fondation Caritas France (FCF), sous l’égide de laquelle vous avez créé votre deuxième fondation abritée. Comment êtes-vous devenu un donateur, un philanthrope ?

Dans le monde fracturé qu’est le nôtre, nous ne pouvons pas rester spectateurs. Il y a ceux qui donnent du temps avec talents et passion, il y a aussi ceux qui peuvent contribuer de façon substantielle avec leur patrimoine, leur entreprise et leurs revenus. Sommes-nous intendants ou propriétaires de nos biens, quel sens leurs donner ? Comment mettre en cohérence nos valeurs et notre patrimoine ? C’est en répondant à ces questions que nous avons créé une 1ère fondation en 2005, puis une 2ème sous égide de la Fondation Caritas France en 2010 toutes deux orientées vers la lutte contre toutes formes d’exclusions au sens large.

C’est une grande joie en famille que d’avoir sauté le pas, nous nous sommes mis en chemin, nous rencontrons au sein des associations que nous accompagnons des personnalités merveilleuses et sommes au contact avec la vraie pauvreté, celle qui se cache. Nous mesurons le fossé qui nous sépare du pauvre.

Nous sommes plein d’espérance quand nous voyons tant de belles initiatives de jeunes pros dans de nombreux domaines au service de la cohésion sociale, de la justice sociale, de l’écologie, nous ne pouvons que nous réjouir mais il faut les aider, être présents.

Quand avez-vous sauté le pas du don de temps au don d’argent ?

Il y a un temps pour tout, la construction de la famille est prioritaire, le travail etc.

J’ai d’abord été engagé comme bénévole en particulier aux « Petits frères des Pauvres », « SNC Solidarité Nouvelle face au Chômage », « SNL Solidarité Nouvelle pour le Logement » et  d’autres mais ce qui m’a probablement le plus marqué c’est ma fonction d’Assesseur pendant six ans au « Tribunal de Grande Instance de Versailles », tribunal pour enfants ou je voyais défiler des jeunes qui avaient fait de grosses bêtises, passaient quelques temps à la prison de Bois d’Arcy, venaient de familles vraiment défavorisées et démarraient dans la vie avec de vrais boulets aux pieds ! Qu’auraient été mes enfants dans le même contexte ?

Salarié pendant longtemps, j’ai d’abord donné du temps, puis j’ai été un petit donateur. Quand j’ai créé mes entreprises et que celle-ci ont généré des revenus en décalage total avec nos besoins, nous avons décidé de sauter le pas car nous ne pouvions pas rester passifs face à la monté des inégalités et du chômage.

Et qu’est-ce que vous retirez de ce parcours de donateur ?

Une immense joie, une grande paix intérieure, un moteur aussi pour gérer nos entreprises et nos actifs, je rappelle que nous ne sommes que des intendants et si nous sommes de bons intendants nous pouvons mieux et plus partager avec ceux et celles qui en ont besoin. C’est un peu la parabole des talents.

Si vous deviez reprendre ce parcours de donateur, que changeriez-vous ?

Je commencerais plus tôt !

 

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