Portrait de philanthrope – « Entreprendre au service du bien commun »

Portrait de philanthrope – « Entreprendre au service du bien commun »

Philanthropie et Gestion de Patrimoine

Comment se lance-t-on dans l’aventure philanthropique ? Sans tabou, ni faux-semblant, Florian et Crama du Boÿs nous racontent comment, avec le concours de la Fondation Caritas France, ils ont appris à mobiliser leur esprit d’entrepreneurs et structurer leur philanthropie pour contribuer à changer les choses.

 

Céder son entreprise et démarrer une autre vie

En Janvier 2014, Florian du Boÿs -40 ans- vend l’entreprise qu’il a créé : Néo Télécom, spécialisée dans l’installation de réseaux télécom. Lorsque l’on a la fibre entrepreneuriale, que l’on vient de céder les parts de son entreprise, l’idée la plus fréquente, c’est de remonter une nouvelle activité. Se lancer dans la philanthropie, c’est alors un vrai challenge, une forme de reconversion. Avec sa femme Crama, cadre supérieure dans la finance, ils créent un fonds de dotation. S’ils étaient auparavant donateurs réguliers à plusieurs associations, ils n’ont pas de « démarche philanthropique structurée ». Le fonds de dotation « IMPALA AVENIR » a un objet social large avec un accent mis sur l’éducation et l’autonomisation des plus démunis. Il est doté par un apport de titres de l’entreprise en pleine propriété et s’alimente à partir des dividendes.

« Démarrer en philanthropie », pas si simple

Trouver des projets à financer n’est pas aussi simple que prévu. Les premiers dons sont néanmoins réalisés au profit de structures déjà soutenues par le passé par Crama et Florian comme Entrepreneurs du Monde ou Les Maisons de l’Artemisia. Un an après la création du fonds de dotation, il faut arrêter les comptes, rédiger un rapport d’activités, continuer à prospecter les projets à financer et analyser les dossiers de demande, ce qui s’avère chronophage : l’ampleur de la tâche se fait jour.

 

L’aide d’un conseiller en gestion de générosité

A l’automne 2015, Florian et Crama rencontrent Jean-Marie Destrée, Directeur Général de la Fondation Caritas France. Outre le souhait de travailler avec d’autres acteurs, le besoin d’avoir un appui sur les tâches administratives mais aussi une analyse critique des projets se fait en effet sentir. Partant, 2016 sera l’année de la structuration. Crama et Florian pensent dissoudre le fonds de dotation et créer une fondation sous égide de la Fondation Caritas France, laquelle abrite une centaine de structures dédiées à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Jean-Marie Destrée leur suggère plutôt d’agir avec deux structures : le fonds de dotation – qui possède une personnalité juridique- pour les actions menées en direct et la fondation sous égide pour la gestion financière et la distribution des fonds. Cette création est rapide, peu coûteuse, gérée sous forme de convention tri-annuelle.

 

S’abriter pour mieux se lancer

Cette structuration trouve sa première traduction en avril 2016 : La fondation Impala-Avenir, sous égide de la Fondation Caritas France, voit le jour. Fondation de flux, tous les dons passent par elle et sont ensuite reversés aux projets que les fondateurs souhaitent soutenir. La gestion administrative (reçus fiscaux, conventions de financement…) est gérée par la Fondation Caritas France et permet aux fondateurs de bénéficier des déductions fiscales liées à l’IFI et surtout de se concentrer sur les projets. L’apport de l’expertise, du savoir-faire et du réseau de la Fondation Caritas permet d’assurer la conformité de l’opération aux règles légales/fiscales et de valider le sérieux des projets (suivi de l’utilisation des fonds…).

 

« Entreprendre au service du bien commun »

Florian quitte son entreprise en mars 2017. Mais chassez l’entrepreneur, il revient au galop. Connaissant les besoins de recrutement des filières du numériques, il sait qu’il y a là un gisement d’emploi. L’idée fait alors son chemin : créer un module de formation de techniciens de la fibre optique adapté aux décrocheurs. Le succès est immédiat et le projet prend vite de l’ampleur : 18 mois après le lancement du premier module, 10 dispositifs sont actifs, de la Corse à la Corrèze. Le dispositif philanthropique de Florian et Crama est ainsi parachevé avec cette structure : le fonds de dotation a été l’incubateur du projet et la Fondation sous égide prend le relais en finançant soit l’association, soit les membres du réseau. « C’est bien de donner, mais c’est mieux d’arriver à changer les choses », constate Florian qui dispose désormais de ses propres outils philanthropiques, pour innover dans des dispositifs disruptifs. Un entrepreneur sait mettre les bonnes personnes autour de la table, les faire communiquer et produire de nouvelles solutions. En affaires, comme en philanthropie.

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