#CaritasTerrain – 10 jours aux Philippines

#CaritasTerrain – 10 jours aux Philippines

La Fondation Caritas France (FCF) propose régulièrement à ses fondateurs d’aller sur le terrain au plus proche des projets. Pour ses 10 ans, la FCF a construit un programme de visites – en France et à l’international- afin de permettre aux créateurs de fondations abritées d’aller à la rencontre de celles et ceux qui s’engagent au quotidien contre la pauvreté et l’exclusion.

Sur le volet international, après un premier voyage en 2015 au Cambodge, la FCF a ainsi pu proposer une visite de terrain aux Philippines. 13ème pays le plus peuplé au monde (104 millions d’habitants), l’archipel philippin se classe 113ème en termes d’indice de développement humain.

La délégation de la FCF a suivi un programme des plus dense, voici son carnet de voyage.

 

Etape 1 : Cebu City, sur l’île de Cebu.

2ème ville du pays, Cebu est également la plus ancienne unité urbaine des Philippines (elle fut le premier lieu de colonisation des espagnols dans l’archipel). Dès le lendemain de leur arrivée, nos fondateurs et leurs accompagnateurs sont pris en charge par les équipes de l’association Eau & Vie. Au programme : visite de plusieurs bidonvilles où l’association est active.

Cette dernière a mis en place un social business pour gérer le raccordement au réseau d’eau potable de la ville. Du fait de la grande pauvreté, les habitants bénéficient d’un micro crédit pour payer le compteur d’eau et les frais de raccordement. Des collectrices issues du quartier collectent quotidiennement, puis de façon plus espacée les factures d’eau qui reviennent trois fois moins cher que l’achat aux revendeurs d’eau.  A côté de l’entreprise sociale, l’association sœur W&L fait un gros travail d’organisation communautaire, forme les habitants à la lutte contre les incendies, sensibilise à l’hygiène et à la gestion des déchets.

« Cela permet de rendre soutenable et pérenne l’alimentation en eau en évitant les maladies et des phénomènes de racket qui peuvent exister. Par-delà l’eau et les sanitaires, Eau&Vie permet aux habitants de s’envisager comme une communauté et de faire entendre leur voix » nous dit Nicolas Poncin, créateur de la Fondation des Epiniers, particulièrement active aux Philippines.

Notre délégation a également rencontré les antennes locales de l’ONG Enfants du Mékong durant deux jours, dont la fondation est abritée sous l’égide de la FCF. Nos fondateurs ont pu aller dans les maisons, rencontrer les enfants parrainés et leur famille, saisir l’importance du savoir-faire des équipes et de leur engagement. Le parrainage est le programme phare d’Enfants du Mékong. Autour de la décharge d’Inalayan, plusieurs programmes dédiés aux tout petits ou à la parentalité se sont aussi développés. Pour aller plus loin et aider à former les cadres dont le pays a besoin, un programme de mentorat permet à des jeunes adultes méritants d’accéder à des études supérieures.

 

Etape 2 : Manille.

Capitale du pays, Manille est aussi la ville la plus densément peuplée du monde : 43,079 habitants au km2, deux fois plus qu’à Paris! Dans ces conditions, on ne peut qu’imaginer les conditions de vie des 40% de manillais qui vivent dans des bidonvilles. Pour répondre à une partie des situations de précarité, Gawad Kalinga a développé une méthodologie originale de construction de maisons colorées au sein de petites communautés par celles et ceux qui ont vocation à y habiter.  Les habitants doivent participer à des sessions de formation afin de développer des compétences sociales et relationnelles qui feront de ces communautés des espaces vivants et paisibles, mais aussi à la construction physique des maisons, qui seront ensuite tirées au sort. Cela représente en moyenne 1500 heures dues à la communauté.

Le groupe a ensuite été accueilli par les Filles de la Charité. Ces dernières ont, entre autres, développé une véritable expertise de l’accueil des plus fragiles : personnes âgées, handicapées, jeunes enfants des rues ou victimes d’abus… Ce lieu d’accueil unique : l’Hospicio San Jose est ainsi en activité depuis plus de deux cents ans sur une petite île, havre de paix, au cœur de Manille. La congrégation mène également un projet de réinsertion par l’activité économique et de formation pour des familles tirées de la rue dans la province de Bulacan.

Parmi les autres acteurs de terrain rencontrés, on citera Entrepreneurs du Monde avec une expérience d’apport de lumière par énergie solaire aux habitants et petits commerçants des bidonvilles; et Anak TnK avec notre rencontre marquante avec le Père Matthieu Dauchez et son équipe. Cette dernière association a pour but d’aider les enfants des rues :  les soigner, leur donner un cadre à la fois ferme et bienveillant, renouer avec leur famille quand cela est possible, établir une identité, un lien. En cas d’échec à réintégrer un cercle familial stable, ils intègrent des lieux d’accueil dédiés, des maisonnées et sont accompagnés pour retrouver un cycle scolaire classique. Tout est fait pour leur redonner leur dignité et leur sourire.

« Ce qui m’a marqué c’est que tous les acteurs cherchent à agir avec les personnes qu’elles accompagnent. On n’est pas dans une dynamique où l’on apporte la solution sur un plateau. Chacun doit faire sa part. » – C. Thiercelin

 

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