#GivingTuesdayFR – Portrait de fondateur – Jean-Marc Potdevin : le don comme une rencontre

#GivingTuesdayFR – Portrait de fondateur – Jean-Marc Potdevin : le don comme une rencontre

Créateur d’une fondation abritée sous l’égide de la Fondation Caritas France et entrepreneur social à l’origine de l’application Entourage, Jean-Marc Potdevin nous dit sa vision du don. Comment devient-on un entrepreneur social ? Quelles sont les étapes de la construction d’un engagement au long cours ?

Comment avez-vous commencé à donner ?

J’ai longtemps donné de façon habituelle, un petit peu tous les ans mais tout a changé le jour où j’ai rencontré ma cause.

Rencontré votre cause ?

Oui, un jour j’ai croisé un SDF que je voyais régulièrement et avec qui je discutais à l’occasion. Il s’était fait casser les dents et ce jour-là, j’ai pris le temps d’écouter. En rencontrant les personnes de la rue, j’ai rencontré ma cause : des gens qui disent leur sentiment de ne pas exister aux yeux du monde, de ne pas être plus regardé qu’un sac poubelle sur le trottoir. Donc j’ai commencé à donner du temps pour construire le projet Entourage, une application mobile qui met en réseau riverains et sans-abris pour créer des réseaux d’entraide et de chaleur humaine.

Donc vous donniez de l’argent et vous avez fini par donner du temps ?

J’ai fini par donner les deux ! Au début je me suis appuyé sur du mécénat de compétence pour créer les premières versions de l’appli. Je pensais qu’on pouvait le faire sans argent et puis rapidement j’ai cherché à lever des fonds auprès de fondations existantes pour pouvoir professionnaliser la démarche. J’ai également créé ma structure sous l’égide de la Fondation Caritas France pour être accompagné et pouvoir lever des fonds.

Quel a été l’apport de la Fondation Caritas France ? Pourquoi avoir choisi cette structure ?

J’ai choisi la Fondation Caritas car nous avons un alignement complet sur la vision de l’Homme. Sur les notions de respect et de dignité de chaque personne. C’est au cœur du projet qu’est Entourage et c’est au cœur de la démarche de la Fondation.

En second lieu, parce que c’était simple et facile à mettre en œuvre. Les démarches administratives étaient prises en charge de façon très professionnelle par la fondation. Et être abrité chez Caritas c’est aussi la possibilité de mobiliser des grands donateurs.

Enfin, faire partie d’un réseau de pairs est particulièrement enrichissant. On discute des projets, on partage les retours critiques et les informations.

Le Giving Tuesday arrive pour la première fois en France avec pour objectifs de libérer les générosités. Qu’est-ce que cela vous évoque ?

Contre la grande pauvreté, on ne peut pas décider de lutter seul : chaque personne est un élément de ce combat. Je pense que donner rend profondément heureux donc on ne peut qu’encourager le don. Mais surtout, je pense que c’est le rôle de chacun de changer radicalement les choses : ça ne marche pas d’attendre. Le Giving Tuesday est une réponse généreuse au Black Friday et je ne peux qu’abonder : plus que de consommer la vie, il faut communier la vie.

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