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Fondation Caritas

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Alors que la guerre en Ukraine entre dans son troisième mois, Elisabeth Fleuriot présidente de la Fondation Caritas France (FCF) et Arnaud Lemunier, créateur d’une fondation sous égide de la FCF étaient récemment au plus près des réfugiés en Moldavie. Au programme, la visite des projets d’aide aux ukrainiens financés par vos dons en coopération avec Caritas Luxembourg.

En Moldavie, au plus près des plus fragiles

Si la majorité des Ukrainiens qui ont choisi de fuir le pays le font via la Pologne, l’intensification des combats dans le sud du pays (Mykolaïv, Odessa…) amène les habitants de ces régions à chercher la porte de sortie la plus proche : la Moldavie. Ce petit pays de 2,5 millions d’habitants, parmi les plus pauvres d’Europe, a ainsi accueilli plus de 500 000 réfugiés depuis le début du conflit. Une fois la frontière passée, ces derniers sont généralement orientés vers MoldExpo, le parc des expositions de la capitale, Chisinau.

Ce centre d’accueil et d’orientation est le premier lieu visité par la délégation de la Fondation Caritas France. Ici, les réfugiés sont enregistrés et une première assistante médicale et juridique est proposée et les premières aides sont versées, sous la forme de carte prépayées et destinées à l’achat de biens de première nécessité. Des chambrettes sont aménagées à l’aide de cloisons amovibles, il y en a plus de 200 de 4 à 8m2. Mais elles ne laissent que peu d’intimité aux familles et ces dernières ne restent pour la plupart que quelques nuits. Les familles sont ensuite orientées vers des solutions d’hébergement plus adaptées à leurs besoins, d’autres décident de poursuivre plus loin en Europe : plusieurs bus proposent des départs directement depuis MoldExpo pour l’Europe entière.

Ce sont essentiellement des femmes et des enfants qui arrivent ici, les hommes de 18 à 60 ans étant mobilisés dans l’armée. Il y a d’ailleurs un espace dédié aux plus jeunes pour jouer, se reposer, lire une histoire, faire des coloriages… Un petit terrain de sport est aménagé dehors. Si la température est plus clémente en ce mois de Mai, Mars et Avril furent difficiles. Nous rencontrons ainsi une jeune femme de 19 ans, et sa petite fille Ilona, tout juste âgée de 2 mois. La jeune maman nous raconte son départ, enceinte de 9 mois et son accouchement peu après le passage de la frontière. Nous discutons aussi avec Stefan du Haut-Commissariat aux Réfugiés qui nous explique la mise en place du soutien financier aux exilés, plus de 20 000 ménages ont été aidés. Car ceux qui restent sont les plus fragiles: pas de réseaux familiaux ou amicaux dans d’autres pays d’Europe, un père ou un frère mobilisé et souvent pas les moyens de poursuivre le voyage.

Au centre Fides : du repos et du répit pour les mères isolées

Après MoldExpo, direction le centre FIDES. Ici ce sont des mères de familles ou des personnes en situation de handicap qui sont accueillies. En partie rénové et équipé grâce au soutien de Caritas Luxembourg et de la Fondation Caritas France, le centre propose des chambres privatives. Les familles peuvent ainsi se retrouver, les enfants jouer dans l’aire de jeux derrière les bâtiments et un semblant de vie « normale » s’organiser. Ménage, cuisine, classes pour les enfants, entraide, soutien médical ou psycho-social… les bonnes conditions d’accueil permettent de travailler plus sereinement avec les 132 occupants du centre, dont une quarantaine d’enfants.

Elisabeth et Arnaud vont ainsi échanger longuement avec les familles présentes. Souvent une mère, accompagnée de 1, 2, 3 voire 4 enfants et parfois d’une grand-mère. Les plus grands enfants sont également mis à contribution: comme Ilya, 14 ans, qui a la charge d’aider ses frères à suivre leurs cours et d’aider à la tenue du dortoir qu’il partage avec des familles qui ont fait le choix de rester ensemble. A l’étage, l’une d’entre elles, nous raconte la fuite de Dnipropetrovsk dans l’est du pays, l’arrivée en Moldavie et l’importance de pouvoir souffler un peu avant de réfléchir à « l’après ». Un répit rendu possible par l’énergie de la coordinatrice du centre, Helena, qui déploie une énergie hors du commun.

Des traumatismes et des espoirs

Mais derrière des abords de calme et de propreté, le traumatisme est réel. Une psychologue est d’ailleurs mobilisée 2 jours par semaine et propose des consultations. “Les personnes qui arrivent maintenant sont les plus durement touchées nous dit-elle. Elles sont restées jusqu’à l’extrême limite et c’est souvent la mort d’un proche ou d’un voisin, parfois enterré dans le jardin, qui les a décidées à partir.” Certaines arrivent d’ailleurs dans un état d’épuisement absolu, incapables de parler pendant plusieurs jours.

Difficile de trouver les mots face à la détresse des femmes rencontrées. Mais déjà, ces mères parfois très jeunes font preuve d’une résilience admirable. A l’image d’Elona qui a décidé de s’occuper des lessives et des draps “pour être utile, pour penser à autre chose”. Une gageure quand la guerre fait rage à 150 kilomètres de là.

Si vous souhaitez aider ces initiatives, vous pouvez faire un don sur la page dédiée de notre site internet.

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