Journée Annuelle des Fondations Abritées : « La robustesse des associations dépend aussi de nous »
Les fondations sous égide de la Fondation Caritas France se sont réunies fin septembre pour la Journée annuelle des Fondations Abritées. Un moment collectif et inspirant qui illustre toute l’ambition de la Fondation : être au plus près de ceux qui s’engagent.
Découvrez les réflexions menées lors de cette journée !
Gagner en robustesse pour plus de résilience
Alors que les associations sont des piliers majeurs de la société civile, ces dernières sont aujourd’hui menacées. C’est pourquoi, la Fondation Caritas France a placé le renforcement de la robustesse associative au cœur des débats de cette journée des fondations abritées.
Pour Claire Dognin, déléguée générale de la Fondation, la robustesse ne signifie ni être invulnérable, ni simplement résister aux chocs à court terme. La robustesse des associations désigne la capacité à anticiper, à s’adapter, à coopérer et à continuer d’agir dans la durée. C’est aussi avoir les ressources et les marges de manœuvre suffisantes pour faire des choix stratégiques sans subir les crises.
Mais cette exigence ne saurait reposer sur les seules épaules des équipes associatives. La responsabilité entre les fondations et les associations est partagée : « Nous ne pouvons pas faire de la robustesse une exigence supplémentaire que nous ferions peser sur les associations. La robustesse dépend aussi de nous : de la durée de nos engagements, de la flexibilité de nos financements, de notre rapport au risque, de la confiance que nous leur accordons et de notre capacité à coopérer. »
Alors, comment les philanthropes peuvent-ils concrètement faire évoluer leurs pratiques pour soutenir cette robustesse ?

Premier levier : la confiance comme condition de l’action
“La confiance ne se décrète pas, elle se structure et s’organise. […] pour avancer, il faut sortir des postures de défense : On ne peut pas se projeter dans la relation future si on n’est pas en confiance. Il faut savoir sur quoi on peut s’appuyer et avec quoi on va pouvoir construire”, a rappelé Frédéric Mazzella, fondateur de BlablaCar et de Dift aux côtés de Gaell Mainguy, directeur du Learning Planet Institute lors de la conférence introductive.
Pour Justine Fesneau, fondatrice de l’association Pas à Pas, l’Enfant, la confiance tient également dans l’équilibre de la relation fondation/association : « Une association qui vient vous voir est naturellement assez vulnérable parce qu’elle vient avec un projet, et si vous ne le financez pas, le projet n’existe pas. Ce n’est pas une relation qui est équilibrée et ce n’est pas grave. Mais je pense que la relation est robuste, elle donne sa pleine puissance et toute sa fécondité si on arrive, d’une manière ou d’une autre, à rééquilibrer la relation qui nous unit. »
Enfin, exprimer ouvertement ses difficultés sans mettre en péril le partenariat constitue, pour les associations comme pour les fondations, le marqueur d’une relation de confiance aboutie. Pour les fondateurs, un soutien solide doit précisément permettre aux associations d’exposer leurs fragilités en toute sécurité. “C’est dans ces moments-là que les choses se construisent” précise Justine Fesneau.

Deuxième levier : développer le pouvoir d’agir
Du côté des philanthropes, redonner du pouvoir d’agir aux associations, c’est aussi accepter de financer le fonctionnement des organisations. Claire Dognin insiste : « Financer les équipes, les fonctions support, la formation, les outils. Tout ce qui est parfois moins séduisant dans un dossier, mais indispensable à la solidité d’une organisation. Et accepter parfois de prendre davantage de risques et de laisser davantage de liberté aux associations pour s’adapter à la réalité du terrain. »
Pour Jérôme Pasquier, membre de la Fondation Natan, c’est également accompagner les structures grâce à ses compétences en veillant à ce que l’appropriation du projet reste pleinement collective au sein de l’association : « on s’est dit : le financement très bien, mais peut-être qu’on peut partager aussi notre parcours entrepreneurial, nos expériences, certaines compétences et notre réseau pour leur permettre d’aller beaucoup plus vite dans leur développement. »
Mais pour aller plus loin dans cette transformation des pratiques, le pouvoir d’agir ne s’arrête pas aux moyens financiers ou à l’expertise : il repose également sur le développement de l’apprentissage collectif. Gaell Mainguy a ainsi défendu le modèle des communautés apprenantes. Parce que les causes systémiques de la pauvreté impliquent de nombreuses réponses, l’apprentissage doit devenir collectif. Le pouvoir d’agir se développe quand une communauté, comme les fondations et les associations, apprend ensemble sans qu’une seule personne détienne la solution unique.

Troisième levier : structurer une réponse collective
Les associations et les fondations font face à des défis complexes et anciens qui ne répondent pas à une logique linéaire simple. La recherche de solutions globales impose de mutualiser les forces et de travailler en réseau.
Anne-Charlotte Goupil, membre de la Fondation Sala Baï le souligne au micro de la Fondation Caritas : “Nous parlons d’impacts et d’approche globale car on ne peut pas raisonner et travailler individuellement sur la lutte contre la pauvreté, le niveau d’éducation ou la protection des ressources. Tout est lié. C’est cette posture qui m’anime en tant que philanthrope.”
Face à cet enjeu, les échanges ont mis en avant une conviction : la réponse globale et collective est la clé pour renforcer la robustesse des associations. C’est pourquoi la Fondation Caritas France développe des programmes d’accompagnement pluriannuels co-construits avec ses fondations sous égide.

Confiance partagée, moyens structurels, compétences mutuelles et réponses collectives : une feuille de route claire à l’issue de cette journée pour en faire un levier de renforcement démocratique et de robustesse pour l’ensemble de l’écosystème.