Etude d’impact : Pourquoi tout le monde a besoin de vacances, le cas des Avions du Bonheur

Etude d’impact : Pourquoi tout le monde a besoin de vacances, le cas des Avions du Bonheur

La fondation Les Avions du Bonheur permet aux personnes en situation de précarité ou d’exclusion de partir en vacances. A la fois financeur et acteur, la structure est assez unique dans le paysage des fondations. Mais quel impact a le fait d’offrir des vacances à ceux qui n’en ont pas ?

Pour répondre à cette question, Les Avions du Bonheur, fondation créée sous l’égide de la Fondation Caritas France, a réalisé une étude d’impact avec le cabinet spécialisé Kimso. Car, au-delà du « droit aux vacances », comment caractériser la valeur ajoutée de la fondation ?

 

Un voyage, comme tout le monde

Pour savoir à quoi « sert » de donner des vacances, un premier travail a été fait sur les différents publics des Avions du Bonheur :

  • Les associations, qui identifient les bénéficiaires et organisent pour partie les départs
  • Les bénéficiaires, personnes en précarité, qui partent en vacances

Les associations-partenaires identifient les vacanciers et les préparations (règles de vie en hôtel, garde-robe etc.…) sont faites en étroite collaboration avec les responsables des Avions du Bonheur  qui y participent. Cette préparation est indispensable pour faire du séjour un moment de détente, utile à l’accompagnement quotidien que réalisent les associations.

Un élément de réussite réside dans le fait de permettre aux bénéficiaires de se retrouver dans une situation de « client » normal, dans l’avion, à l’hôtel, d’être « comme tout le monde » . Par ailleurs, du fait que les séjours ont lieu à l’étranger, les bénéficiaires sont amenés à se responsabiliser, à s’autonomiser et à se reconsidérer.

« J’ai lié des liens avec des gens qui passaient un séjour à Djerba à leur compte. Il y avait une maman et ses deux filles, et au petit déjeuner elles sont venues s’asseoir à ma table. Je lui ai dit que j’étais avec une association. On a discuté de choses et d’autres, comme des gens en vacances quoi ! »

Des impacts immédiats…

En plus du bien-être immédiat qu’ils peuvent amener, ces séjours sont également un levier pour l’accompagnement social des bénéficiaires : ils permettent ainsi d’observer les personnes et les groupes dans un contexte différent, apaisé et de détecter des problématiques jusque-là restées « hors radar ». A l’inverse, les séjours permettent aussi de lever les préjugés, de se parler autrement ou de sujets parfois difficiles à aborder dans le cadre d’un bureau.

« Il y a une soif de paroles, de s’épancher. Là on a le temps, il fait bon, on peut s’asseoir à l’ombre et les gens parlent et ça leur fait du bien » dit par exemple une bénévole. Les bénévoles des Avions du Bonheur et les encadrants sont importants pour créer du lien entre les participants, susciter les activités ou veiller à ce que personne ne soit isolé. Lorsque les encadrants sont ceux qui accompagnent les bénéficiaires au quotidien en France,  le lien de confiance permet de « dire plus facilement les difficultés, par exemple des personnes avec qui on peut parler de leur addiction ». Les bénéfices du séjour ne s’arrêtent donc pas avec lui et ces observations peuvent être mobilisées par la suite.

… et de long terme

Cette expérience permet aussi aux personnes bénéficiant de ces séjours de vivre plusieurs premières fois (partir à l’étranger, prendre l’avion, être à l’hôtel, aller au musée…). Elles peuvent ainsi s’ouvrir au monde et renforcer des liens amicaux et familiaux, s’autonomiser dans un environnement inconnu avec parfois la barrière de la langue… Elles changent également de posture et sont invitées à des gestes de solidarité en aidant des publics vulnérables à Djerba. Ces séjours constituent ainsi des respirations et parfois même des déclics.

« Un jeune à la fin du séjour m’a dit ‘je vais travailler, je vais gagner de l’argent et je reviendrai’. Tout d’un coup il y a des possibles, la vie n’est pas limitée à sa barre à Créteil, le monde c’était autre chose, il y avait d’autres façons de vivre et il n’était pas exclu puisqu’il était là »

Afin de maximiser le « retour sur investissement », plusieurs axes de progression ont été identifiés, notamment dans les phases de préparation au séjour et de debriefing au retour… Néanmoins, l’étude réalisée permet de confirmer l’intuition des Avions du Bonheur et de montrer que le « droit aux vacances », loin d’être accessoire, peut être un véritable outil de (re)mobilisation et d’accompagnement des plus fragiles.

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