Vos dons en action: Réza, un parcours d’Exil – épisode 4

Vos dons en action: Réza, un parcours d’Exil – épisode 4

A l’âge de 14 ans, après plus d’une année de périple depuis l’Iran, Reza se retrouve à la rue en plein Paris. Ballotté de foyer en foyer, incompris par l’administration, l’orphelin d’origine afghane trouve un soutien de poids auprès de Parcours d’Exil, une association offrant un suivi thérapeutique aux réfugiés victimes de violences. En 2016, grâce à l’aide de la Fondation Caritas France, l’association a lancé un projet pilote à destination des mineurs isolés étrangers. Un programme d’hébergement et d’aide juridique pour ces jeunes parfois injustement déclarés majeurs par l’Aide Sociale à l’Enfance. Aujourd’hui encadrant pour Parcours d’Exil, Reza, huit ans après son arrivée, les aide à construire leur avenir en France.

Episode 4 – DU SOUTIEN, ENFIN

Incompris par ses éducateurs, brimé par l’administration, Reza trouve une oreille attentive auprès de Parcours d’Exil. Depuis son arrivée, l’ado fait beaucoup de cauchemars et souffre de maux de tête incessants. Au foyer, on lui a donné l’adresse de l’association. “Quand on arrive à Parcours d’Exil en tant que mineur on est reçu par le docteur Duterte. Il est aussi psychothérapeute et il a une grande expérience des jeunes victimes de violences. Il définit les autres besoins s’il y en a : kiné, ostéopathe, art-thérapie, cours de français, aide juridique pour les démarches administratives.” Au début, Reza s’y rend pour ses séances de psychothérapie. Puis, progressivement pour des conseils, d’autres demandes. J’ai compris qu’ils étaient là pour m’aider, qu’ils n’attendaient rien en retour.” Là-bas, Reza a enfin le sentiment qu’on l’écoute et se sent soutenu dans ses choix. A partir de là, Parcours d’Exil ne le lâchera plus.

REZA_6Aux membres de l’association, Reza confie ses rêves d’études supérieures. On lui trouve du matériel scolaire, des livres, un stage à Sciences Po. On l’accompagne également pour s’inscrire en seconde générale. Progressivement, Reza panse ses blessures et retrouve confiance. A l’école, il travaille comme un acharné pour tenir le niveau de la seconde générale. “C’était dur. Je bossais jour et nuit.” A force de passer du temps avec l’association, Reza commence à vouloir aider à son tour. “Je voulais m’engager, aider moi aussi. J’ai souhaité créer une propre association pour favoriser l’éducation des enfants d’Afghanistan et d’ailleurs. Avec le docteur Duterte, on a fondé ensemble l’association.

En 2013, Reza fête ses 18 ans. Il est naturalisé français. En tant qu’ancien patient de Parcours d’Exil, il entre au Conseil d’Administration. Pour le jeune homme, c’est également l’heure du choix : poursuivre ses études jusqu’au Baccalauréat ou développer son association à 100% dans son pays d’origine, l’Afghanistan. Le désir d’engagement l’emporte. Reza s’envole pour Kaboul et ne rentrera que deux ans plus tard. “Là-bas, j’ai créé une école grâce aux dons des adhérents de mon association, mais aussi un centre de soin pour les victimes de violences et traumatismes avec Parcours d’Exil. Le docteur Duterte est venu quatre fois en Afghanistan pour former les psychologues.” Pendant son séjour, Reza fait la connaissance d’Asefe, une jeune Afghane revenue comme lui au pays après des années passées en exil en Iran. Les deux jeunes tombent amoureux et se marient. Mais à l’été 2015, la violence et l’instabilité politique qui secouent le pays rattrapent le jeune couple. “On est venu me dire que mon nom était sur la liste des Talibans. Soit j’augmentais le nombre de garde du corps et j’achetais des voitures blindées pour me défendre, soit je partais.” Reza et son épouse décident de rentrer en France.

Une histoire racontée par Louise S. Vignaud, illustrée par Manon Baba / Agence Apidae

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